Elle S'Appelait Scorpion
Genre : Road-movie
Année : 1972
Durée : 90min
L'histoire : Une jeune femme, Sasori (Scorpion), criminelle extrêmement dangereuse, est incarcérée dans une prison pour femmes. Elle s'en échappe, en embarquant avec elle quelques prisonnières. La traque commence, mais Sasori, capable de beaucoup de violence, va donner du fil à retordre aux autorités...
La critique de ClashDoherty :
Réalisé en 1972 par Shunya Ito, interprété par Meiko Kaji (qui chante aussi la chanson très connue du film), Elle S’Appelait Scorpion (Joshhu Sasori : Dai 41 Zakkyo-Bô) est le second (et le plus connu et culte) des films de la série des Sasori (‘Scorpion’, en japonais). Il s’agit d’un film (et d’une série de films) basé sur une jeune femme, Sasori, criminelle extrêmement dangereuse, incarcérée, et qui s’évade.
Sasori est une criminelle condamnée à perpète dans une prison de haute sécurité. En prison, elle subit, à cause de son coté rebelle, des humiliations et sévices sadiques, de la part des gardiens.
Au cours d’un transfert, Sasori, avec six autres détenues, parvient à s’enfuir. Elle et ses complices, moins dangereuses mais néanmoins criminelles, vont alors êtres les proies d’une chasse à l’homme (si je peux m’exprimer ainsi, compte tenu du sexe des évadées…) implacable, brutale, et jonchée de cadavres…
C’est grâce au festival L'Etrange Festival et ensuite à Canal + et Jean-Pierre Dionnet (Quartier Interdit, émission hélas finie maintenant) que l’on a pu découvrir ce film il y à quelques années (je dirais 4 ans, même si je ne peux l’affirmer avec certitude). Le film peut être vu comme un des éléments qui ont inspiré Quentin Tarantino (grand fan de cinéma nippon et de séries B) pour son Kill Bill.
On retrouve d’ailleurs la chanson de Meiko Kaji dans Kill Bill, Vol.1 (duel final entre Uma Thurman et Lucy Liu).
Très très brutal et violent, sanglant, et magistralement réalisé, Elle S’Appelait Scorpion est un sommet de la série B et du film d’action japonais. Les Japonais, entre les Zatoichi, les Baby Cart, les Sasori et les Lady Snowblood (Meiko Kaji a joué dans cette dernière séie, d’ailleurs, tout du moins dans un des films) , sont/étaient les spécialistes du film d’action violent et trépidant.
On sent un coté western spaghetti dans ce film, de même qu’un coté mystique (la scène de la vieille femme, à moitié sorcière, qui résume les méfaits de chacune des évadées dans sa psalmodie, au cours d’une scène de cérémonie nocturne assez troublante).
Pourtant, le début du film lorgne totalement dans le sous-registre de série B appelé WIP (Women In Prison), les films de femmes en prison, films qui sont le plus souvent prétextes à des scènes de crêpages de gueules, et occasionnellement à des scènes lesbiennes sous la douche ou dans les cellules…Bref, un sous-genre totalement macho et machiste.
Le début du film, fatalement, et en dépit de la date du film (1972) qui n’autorisait pas vraiment les scènes de douche (ah ah), surtout au Japon, ressemble à ça. Mais on vire ensuite dans le road-movie violent et gore, tenant à la fois du Baby Cart et des films de ‘rape & revenge’ (Crime A Froid, autre influence tarantinienne pour Kill Bill, au passage). Onirique, surréaliste (typiquement nippon, ce surréalisme gore et poétique : la cascade qui coule du sang parce qu’un cadavre sanguinolent y a été jeté…), Elle S’Appelait Scorpion est un chef d’œuvre barge. Ne le loupez surtout pas !!!
L'Enfant Sauvage
Genre : Drame
Année : 1969
Durée : 110min
L'histoire : Dans l'Aveyron, début du XIXème siècle, un enfant d'une dizaine d'années, qui sera prénommé Victor, est découvert dans la nature, seul, comme retourné à l'état sauvage. Le docteur Itard décide de s'occuper de lui, afin de le reciviliser et de l'étudier...
La critique de ClashDoherty :
Voici un des plus grands films de Truffaut, sorti en 1969, L'Enfant Sauvage, inspiré d'une histoire vraie. Le film est interprété par Jean-Pierre Cargol (pour le rôle-titre), François Truffaut, Françoise Seigner, Jean Dasté, Pierre Fabre, Claude Miller (le réalisateur) et Annie Miller (sa femme).
Il s'inspire d'une histoire vraie arrivée dans l'Aveyron, celle d'un enfant né vers 1790, mort en 1828, et ayant vécu son enfance seul, en pleine nature, retourné à l'état sauvage.
Il a été découvert en 1797, il avait entre 8 et 10 ans (la date de sa naissance est donc approximative). Il a été appelé Victor.
Jean-Pierre Cargol est excellent dans le rôle de Victor, tandis que Truffaut trouve ici son meilleur rôle au cinéma (il était surtout réalisateur, il s'est quelquefois donné le rôle principal de ses films, comme ici ou La Chambre Verte, mais n'était pas acteur de profession).
Intense, passionnant, touchant, L'Enfant Sauvage est un film qui fut acclamé dans le monde entier. C'est clairement un des sommets de l'oeuvre de François Truffaut. Pour moi, son meilleur film, même.
Une oeuvre forte, dramatique, poignante, sur les notions de nature, de civilisation, de tolérance. Dans un sens, le tout aussi grandiose L'Enigme De Kaspar Hauser de Werner Herzog (1974), aussi inspiré d'une histoire vraie et similaire, en sera en quelque sorte la version colorisée et allemande.
Enfin, deux histoires distinctes d'enfants sauvages, se passant à la même période, de plus. Deux monuments. Il faut à tout prix voir L'Enfant Sauvage.
La Bible...Au Commencement Des Temps
Genre : Film biblique/Historique
Année : 1966
Durée : 160min
L'histoire : Adaptation de plusieurs passages de la Bible : La Création du monde, Adam et Eve,, Caïn et Abel, l'Arche de Noé, la Tour de Babel, Abraham et Sodome et Gomorrhe...
La critique de ClashDoherty :
Sorti en 1966, La Bible…Au Commencement Des Temps est incontestablement un des 5 plus grands films de John Huston avec Le Malin, L’Homme Qui Voulût Etre Roi, Le Trésor De La Sierra Madre et Le Faucon Maltais.
D’une durée de près de trois heures, le film est interprété par un casting remarquable : Ava Gardner, Peter O’Toole, Richard Harris, George C. Scott, Stephen Boyd, Michael Parks… et John Huston lui-même, qui s’est attribué le rôle du patriarche Noé.
Le film est divisé en plusieurs parties, ou sketches, c’est selon. Il aborde les passages les plus connus de la Bible, de la création du monde à Abraham. Ainsi, le début nous montre Dieu concevant le monde, jour après jour, avec voix-off (quasi omniprésente dans le film) pour les descriptions. Il conçoit l’homme, Adam, et le lendemain, la femme, Eve.
On assiste donc au Paradis terrestre, le Jardin d’Eden.
On assiste aussi à la connerie d’Eve qui se croit obligée de suivre les conseils d’un serpent lui proposant de manger un des fruits de l’arbre de la connaissance, un fruit dont Dieu leur a pourtant interdit de toucher.
Eve mord dans la pomme (car c’est de ça qu’il s’agit) et fait goûter la pomme à Adam. Dieu, très colère, les chasse du Paradis, leur fait prendre conscience de leur nudité (le film date de 1966, Huston était très prude, ne vous attendez pas à des plans nichons, y en a pas !), et punit le serpent en le faisant ramper par terre (car le serpent, que l’on ne voit pas bien, avait apparemment des jambes).
Rien des plus grands moments de la Bible ne manque dans ce film honnête, magnifique et grandiose.
S’il avait fallu adapter toute la Bible, il aurait fallu plusieurs films. Huston a conservé le plus important, le plus cinématographique, les parties les plus universelles, et les a magnifiquement mises en scène, avec beaucoup de pudeur, de respect, de talent aussi.
Les acteurs sont tous sensationnels (Peter O’Toole, en ange exterminateur venu annihiler Sodome et Gomorrhe, est inoubliable dans un rôle pourtant court), la musique (oscarisée en 1967) est sublime (et est signée du japonais Toshiro Mayuzumi). La Bible… Au Commencement Des Temps est un des plus grands films à grand spectacle que le cinéma nous ait donné la chance de voir.
Un film fantastique, passionnant, jamais longuet. A coté des deux très longs segments sur Noé et sur Abraham, les autres parties, plus courtes (la Tour de Babel, la Genèse…) sont aussi très beaux. Un authentique monument !









