Rien A Déclarer
Genre : Comédie
Année : 2011
Durée : 105min
L'histoire : Dans une petite ville à la frontière franco-belge, le 1er janvier 1993, jour de l'ouverture des frontières. Deux douaniers, l'un Belge (Ruben Vandevoorde) et l'autre Français (Mathias Ducatel), sont forcés de faire équipe pour la première brigade volante mixte, chargée de contrôler les passages... Mais Vandevoorde est, comment dire, totalement francophobe, et Mathias est amoureux de sa soeur...
La critique de ClashDoherty :
Après le succès immense (et sans doute exagéré, même si j'adore le film et que je suis très content qu'il ait autant marché) de Bienvenue Chez Les Ch'tis, inutile de dire que Dany Boon, pour son film suivant, quel qu'il soit, était attendu au tournant. Et ce, comme je l'ai dit, peu importe le film et son niveau. Rien A Déclarer, qui sort aujourd'hui sur nos écrans (sauf dans le Nord et en Belgique où il est sorti le 26 janvier dernier), est donc ce nouveau film, attendu au tournant avec des roses dans une main et une grenade dégoupillée dans l'autre. Le film est interprété par Dany Boon, Benoît Poelvoorde, Karin Viard, Bouli Lanners, Guy Lecluyse, Laurent Gamelon, François Damiens, Zinedine Soualem, Bruno Lochet, Nadège Beausson-Diagne, Philippe Magnan, Bruno Moynot, Jérôme Commandeur (petit rôle), Olivier Gourmet et Eric Godon.
Le film est déjà un beau succès (sans toutefois atteindre le score des Ch'tis au même moment, il a quand même battu, en Belgique, le record du précédent film), ce qui est logique car c'est, il faut le dire, une très bonne comédie, devant laquelle on se marre beaucoup. Même si on se marre plus dans la première partie que dans la seconde (cette deuxième partie n'est cependant pas foirée, juste que le film perd un peu de vitalité vers la fin, comme pas mal de comédies). Les acteurs se sont visiblement amusés, Poelvoorde en fait des tonnes en douanier francophobe (lui-même a avoué n'avoir jamais connu de Belge détestant viscéralement les Français, et en a donc rajouté pour le fun), Boon est très correct, et le casting est franchement amusant. Le sujet (l'ouverture des frontières) est peu fréquemment utilisé au cinéma, ce qui rend cette comédie originale.
Après, certes, ce n'est pas comme Bienvenue Chez Les Ch'tis, mais à mon avis, il ne faut pas chercher à comparer ce qui ne l'est pas. Boon sait qu'il ne refera pas 22 millions d'entrées, et il ne cherche d'ailleurs pas à dépasser ou égaler ce score qu'à la base, il n'espérait franchement pas (c'est, on le sait, le premier surpris du succès monstrueux de son précédent film). Rien A Déclarer atteindra vraisemblablement plusieurs millions (disons, 3, 4 ou 5), mais n'arrivera certainement pas à 22. Et dans un sens, tant mieux, car si cette comédie est bonne, elle ne l'est pas autant que les Ch'tis. Il faut voir ce film en essayant d'occulter le précédent film, qui a tellement traumatisé l'année 2008 par son succès qu'il est en effet difficile de ne pas y penser en entrant dans la salle pour voir (ce fut mon cas hier en avant-première) Rien A Déclarer.
Un film qui a quelque chose à déclarer, d'ailleurs, car les dialogues sont très bien foutus, les gags abondent, les personnages sont très bons, et surtout, on se marre. Que demander de plus d'une comédie, sinon qu'elle vous fasse passer un bon moment pendant 105 minutes ? Et cessons de vouloir comparer ce film avec le précédent et d'insister sur le fait qu'il ne sera pas aussi cartonneur, voulez-vous (messieurs/dames les journalistes, si vous me lisez...et je veux aussi parler de messieurs/dames les têtes de mules et détracteurs) !
Les Rois Du Gag
Genre : Comédie
Année : 1985
Durée : 95min
L'histoire : Paul Martin et François Leroux sont deux comédiens et gagmen travaillant dans un petit théâtre de province et peinant à gagner leur vie. Voyant à quel point les gags de la star incontestable de l"humour télévisuel Gaëtan sont pitoyables et datés, ils le provoquent, un soir, alors qu'il se trouve en tant que simple spectateur dans le théâtre, et en retour Gaëtan les engage comme nouveaux auteurs pour ses sketches dans son émission. Mais Gaëtan, poussé par sa femme, a des idées de vrai cinéma derrière la tête...
La critique de ClashDoherty :
Réalisé en 1984 par Claude Zidi, sorti en 1985, Les Rois Du Gag est une comédie le plus souvent loufoque, interprétée par Michel Serrault, Thierry Lhermitte, Gérard Jugnot, Macha Méril, Mathilda May, Didier Kaminka, et avec l'aimable participation de Coluche dans un petit rôle.
Pierre Tchernia, Claude Brasseur, Pierre Richard et Philippe Noiret, non crédités (sauf, je crois, Tchernia), apparaissent amicalement dans leurs propres rôles, mais très brièvement.
Pierre Doris, Maurice Baquet, Georges Beller, Carole Jacquinot, Olivier Achard jouent aussi dans le film. Un film que je surnote probablement, mais j'assume, c'est une comédie qui fait partie de mes préférés de l'époque avec Les Frères Pétard !
Le film joue à fond sur l'humour lourdingue et ringard, via les sketches télévisuels de Gaëtan (avant qu'il n'engage les deux gagmen) et via, aussi, les sketches lourds de chez lourds que les deux gagmen jouent sur scène avant qu'ils ne soient engagés (voir Jugnot jouer Jeux Interdits à la guitare et se faire interpeller par Lhermitte lui disant qu'il n'a pas le droit de jouer ça parce que c'est interdit, c'est puéril, certes, mais tellement con que ça marche !).
Mais le film contient aussi des passages franchement tordants, comme les cauchemars de Lhermitte (qui ne s'en souvient jamais) concernant sa belle bagnole qui se fait immanquablement niquer de plusieurs manières possibles (empapaoutage par un camion, etc...), ou comme les sketches imaginés (et visualisés comme des sketches, tout simplement) par les deux personnages principaux : un chirurgien qui réveille son patient pendant l'opération pour lui montrer l'état de son foie, qu'il coupe et jette à la poubelle ; un concours de bras de fer bien gore ; un homme rentrant dans son appartement avec son chien et sa baguette, et dont il paume un morceau de baguette, puis la tête de son chien, à chaque (nombreuse) porte claquée... Ces passages sont irrésistibles et, disons-le, cultes !
La fin du film, qui montre Gaëtan se faire engager comme acteur principal du dernier film du grand réalisateur (bien mégalomaniaque et prétentieux, et obèse) Robert Wellson (que Serrault joue aussi), une parodie de Stanley Kubrick et Orson Welles, la dernière partie, donc, est moins drôle, malgré l'abattage comique démesuré de Serrault en réalisateur mégalo se traitant sans arrêt de génie.
Mais le reste du film est tellement drôle que ça sauve vraiment les meubles. Au final, Les Rois Du Gag n'est certes pas la comédie du siècle ; mais, franchement, c'est très drôle, et ça se moque allègrement de l'humour lourdingue (quelques années avant les Nuls, le gag du mec qui fait des pompes sans les bras existait déjà, voir ce film !). Bref, j'adore !
Elle Cause Plus...Elle Flingue
Genre : Comédie
Année : 1972
Durée : 90min
L'histoire : Rosemonde du Bois de la Faisanderie, vivant dans un bidonville et exerçant le plus vieux métier du monde, recycle, dans une machine de son invention, tous ceux qui lui causent du tort, qu'elle transforme en reliques, qu'elle revend aux autorités ecclésiastiques...
La critique de ClashDoherty :
Réalisé en 1972 par Michel Audiard (qui a aussi, évidemment, signé le scénario et les dialogues ; avec la collaboration de Jean-Marie Poiré, pour le scénario), Elle Cause Plus...Elle Flingue n'est pas, malgré la similitude de titres, la suite de Elle Boit Pas, Elle Fume Pas, Elle Drague Pas, Mais...Elle Cause, qu'Audiard, en 1970, avait réalisé.
On y retrouve cependant des acteurs du film de 1970 : Annie Girardot, Bernard Blier, et le film est aussi interprété par Maurice Biraud, Jean Carmet, Darry Cowl, Michel Galabru, Roger Carel, Dominique Zardi, Yves Barsacq, Henri Attal, André Pousse, Daniel Prévost, Catherine Samie, Charles Southwood et Carlo Nell.
Le film est une comédie, donc, et il ne fait clairement pas partie de ce qu'Audiard a fait de mieux. De toute façon, ce n'était pas un grand réalisateur, et il le disait lui-même : Réaliser un film, c'est facile, c'est juste que je ne savais pas où foutre cet engin, la caméra, voilà ce qu'il disait, en gros. Les acteurs semblent s'être bien marrés à tourner dans ce film bénéficiant d'un scénario totalement abracadabrantesque ; pensez-donc, une machine transformant en reliques psuedo-saintes des gêneurs, pour le compte de l'Eglise, par une prostituée/gangster !
On n'atteint pas ici la maestria délirante de Faut Pas Prendre Les Enfants Du Bon Dieu Pour Des Canards Sauvages ! ou du Cri Du Cormoran Le Soir Au-Dessus Des Jonques, les deux meilleurs films réalisés par Audiard, mais Elle Cause Plus...Elle Flingue, malgré son côté un peu inégal, n'est cependant pas aussi raté que Bons Baisers, A Lundi, indéniablement son plus mauvais film (et par ailleurs son dernier). En gros, un film moyen, parfois drôle, parfois raté. A voir si on est fan d'Audiard !
Fallait Pas !...
Genre : Comédie
Année : 1996
Durée : 95min
L'histoire : Bernard Leroy revient d'un 'stage commando' organisé par l'entreprise dans laquelle il est responsable des RH. Vivant en Savoie dans un manoir avec sa fiancée Constance, qu'il doit épouser le lendemain, il est victime d'un accident en roulant sur une route enneigée, de nuit, au retour du stage, et arrive à proximité d'un chalet perdu. Croyant pouvoir demander de l'aide, il tombe sur une sorte de cérémonie religieuse. Il s'agit en fait d'une secte d'illuminés dont le gourou, Magik, et son associé Solomuka, organisent le 'suicide' collectif afin d'empocher l'argent et de foutre le camp. Bernard parvient à fuir le chalet à bord de la voiture du gourou, de l'argent (dans le coffre, ce qu'il ignore) et d'un des membres de la secte, Sébastien, un homme un peu fou-fou et sympathique s'étant caché. Les emmerdes commencent...
La critique de ClashDoherty :
Fallait Pas !... est un film réalisé en 1996 par Gérard Jugnot. Le film, interprété par Jugnot, François Morel, Michèle Laroque, Jean Yanne, Martin Lamotte, Claude Piéplu, Micheline Presle, Thierry Lhermitte, Annie Gregorio, Sophie Desmarets, Jacques Jouanneau, et avec Maxime Leroux, Pascal Elbe, Bruno Slagmulder et David Douillet (oui, le judoka politicard !) dans de petits rôles, est une comédie délirante, mais souvent glaçante, prenant pour cadre la montagne en hiver (région Rhône-Alpes, en Savoie et vers l'Italie), et comme sujet de fond, les sectes.
Il est littéralement impossible (à moins de ne jamais en avoir entendu parler, évidemment), de ne pas penser à ce terrifiant fait divers de 1994, ce 'suicide collectif' de l'Ordre du Temple Solaire.
Le début du film, qui n'est pas sans faire penser à L'Auberge Rouge (un homme arrive dans un chalet isolé en pleine montagne, en hiver, et tombe en plein cauchemar), est à la fois drôle et terrifiant, Jean Yanne est excellent dans le rôle de Magik, gourou illuminé se prenant pour le fils de Dieu, conduisant ses brebis au massacre après les avoir endormies (hélas, mis à part Sébastien, joué par François Morel, les membres de la secte meurent au début du film, sauf le gourou et son associé, qui prennent le fuite avant de déclencher les explosifs). Un gourou qui ne supporte pas qu'on le traite d'abruti ou de connard, ce que son associé Solomuka (Lamotte), un peu irascible, fait quelquefois, mais fallait pas !
Le film est souvent drôle (la scène de l'hôtel, la scène, aussi, où Morel et Jugnot descendent 'en rappel' une partie de la montagne avec l'aide des jantes de la voiture accidentée, et le passage de la station-service, avec Magik/Yanne fulminant parce que l'employé de nuit (Elbé) ne veut pas lui donner sa tasse cadeau, étant donné que le magasin est fermé pendant la nuit), mais il faut aussi reconnaître qu'il part souvent en couilles, et qu'il ne fait vraiment pas partie des meilleurs Jugnot.
En fait, très mal accueilli à sa sortie, le film (dont la chanson de générique de fin est chantée par Renaud) sera un bide, et est considéré comme le moins bon Jugnot. Depuis, il a fait Rose Et Noir, définitivement son moins bon, mais Fallait Pas !..., malgré de bons passages, se place derrière, nettement.
Certains acteurs cabotinent (Piéplu, en faux papa de Jugnot vivant aux States et ne parlant, ah ah ah, que l'anglais, ce qui, pour le personnage, est de toute façon faux), mais il y a pire, comme comédie. Un peu inégal, mais parfois très drôle, cette comédie mineure n'est ni un nanar, ni un navet, mais elle n'est pas à voir trop souvent. Une fois ou deux suffisent !
Catch 22
Genre : Comédie de guerre
Année : 1970
Durée : 120min
L'histoire : Seconde guerre mondiale. Une escadrille d'aviateurs américains est en poste sur une petite île italienne, Pianosa. Leur état-major ne cesse d'augmenter le quota de missions aériennes à faire pour espérer être démobilisé, ce qui pousse les hommes à bout, et notamment Yossarian, qui fait tout pour éviter les misisons, mais se fait sans cesse piéger par un article du règlement militaire en vigueur, l'article 22...
La critique de ClashDoherty :
Catch 22, à la base, c'est un roman de Joseph Heller, paru en 1961, livre culte et remarquable (un des romans du siècle, et je n'exagère rien) qui sera une des oeuvres-phares de la contestation anti-Vietnam, en raison de son sujet (la folie militaire et l'inutilité d'un conflit), et malgré le fait que l'action se passe pendant la seconde guerre mondiale, et que le roman soit sorti bien avant que la guerre du Vietnam ne commence. Le film, lui, réalisé par Mike Nichols, a été fait en pleine guerre du Vietnam (1970), donc, il est dans le ton. Interprété par une fuckitude d'acteurs (Alan Arkin, Martin Balsam, le chanteur Art Garfunkel, Orson Welles, Marcel Dalio, Anthony Perkins, Bob Balaban, Richard Benjamin, Martin Sheen, Jon Voight, Paula Prentiss, Charles Grodin), le film est coécrit par Heller et Buck Henry (ce dernier joue dans le film).
Le roman est une satire contre la guerre, une charge sur la connerie militaire et la folie, aussi. C'est un roman hilarant, rempli de dialogues et de situations abracadabrantes, absurdes (c'est volontaire), de personnages délirants et aux noms, parfois, aussi délirants (un major s'appelle Major Major, prénom et nom, ce qui donne Major Major Major...). Le film est assez amusant aussi, bien délirant parfois, et franchement bien interprété. Mais il ne sera pas un gros succès, et a assez mal vieilli, contrairement au roman, qui reste quasiment intemporel. Moins jusquauboutiste que le roman de Heller (qui a mis du temps à l'écrire et ne parviendra jamais à égaler ce coup de maître, il est mort en 1999 par ailleurs), Catch 22 est quand même une comédie de guerre assez intéressante, grâce à ses acteurs et à la folie qui plane durant tout le film.
Quant à l'article 22, le fameux piège à cons 22 du titre (en gros, c'est ça), il dit que tout homme refusant d'aller au combat n'est pas réellement fou, même s'il se proclame ou est proclamé comme tel ; et, s'il n'est pas fou, il ne peut être dispensé d'aller au combat. Bref, Yossarian (joué par Alan Arkin, excellent) tente à chaque fois de se faire passer pour fou pour ne pas aller en raid aérien, car pour lui, sa seule missio nest d'atterrir vivant et de ne jamais remettre ça ; mais ce putain d'article 22 l'empêche de sauver sa vie autant de fois qu'il veut, et le nombre hallucinant de missions qui est rajouté dans les quotas fait de cette situation un enfer burlesque ininterrompu. Vous l'aurez compris, Catch 22, c'est l'absurdité de la guerre à son paroxysme, avec un patrouille d'aviateurs dirigée par des têtes pleines d'eau ! Drôle, jubilatoire, mais, en même temps, un peu angoissant.
Joies Matrimoniales
genre: comédie
année: 1941
durée: 1h45
l'histoire: Ann et David Smith forment un couple très amoureux mais ils passent beau de temps à se disputer. Leur mariage étant annulé pour des raisons administratives, Ann quitte David, persuadée qu'elle ne l'aime pas.
La critique de Eelsoliver:
Il y avait bien longtemps qu'on n'avait plus parlé d'Alfred Hitchcock sur ce blog ! Le Maître du suspense nous manquait. En même temps, Hitchcock n'a pas signé uniquement des thrillers.
En effet, le réalisateur s'est aussi démarqué dans le genre comédie. Autant le préciser tout de suite, c'est nettement moins bon et moins intéressant.
Preuve en est avec Joies Matrimoniales, en anglais, Mr and Mrs Smith.
Donc oui, le gros naveton avec Brad Pitt et Angelina Jolie était un remake. Pourtant, force est de constater que la version originale ne lui est pas franchement supérieure.
Enfin, c'est un petit mieux quand même... Mais clairement, on a vu Alfred Hitchcock plis inspiré derrière la caméra. Ici, Hitchcock met la fidélité d'un couple américain à rude épreuve.
En effet, David Smith apprend à sa femme qu'il aurait préféré ne jamais se marier. Très déçue par cette révélation, cette dernière croit que son mari ne l'aime plus.
Elle part alors vaquer avec d'autres hommes afin de susciter la jalousie du principal intéressé. Voilà un plan qui fonctionne à merveille et qui va entraîner de nombreux quiproquos.
De cette façon, Hitchcock s'amuse à rire et à critiquer le modèle idéal du couple américain. Cette comédie plaisante mais également un brin lourdingue, tient surtout sur le duo Carole Lambard/Robert Montgomery. En résumé, Hitchcock n'a pas réalisé que des chefs d'oeuvre, loin de là !
Dans sa filmographie, on trouve des long-métrages très dispensables, et Joies Matrimoniales en fait partie.
Note: 10/20
Drôle de Drame
Le Révérend Soper fait partie de l'église anglicane. Rélolument opposé à la lecture de romans policiers, il donne une conférence où il explique à quel point les romans de Félix Chapel (Grand auteur que personne n'a jamais rencontré) sont déviants. Il rencontre là son cousin, Irwin Molyneux, illustre botaniste, et s'invite dans sa maison. Mais les domestiques de Molyneux viennent de démissionner ...
Oeuvre datant de bientôt 75 ans, Drôle de Drame est film qui part déjà gagnant au niveau de sa distribution. Réalisé par Marcel Carné (Quai des Brumes et Hotel du Nord), dialogues de Jacques Prévert, avec Michel Simon, Louis Jouvet, Françoise Rosay ... bref, on a tout en place pour un grand classique du cinéma français des Années 30 (Et en plus, au milieu des films de Bruceploitation, des nanars et autres films à la moralité douteuse que notre ami Olivier aborde souvent en ce moment, ça ne peut pas faire de mal ...)
Et bien, oui, ce film est un délice cinéphilique. Sans déconner, c'est génial! Chaque réplique est merveilleux. Et la situation, theâtrâle, s'enlise, s'emmêle jusqu'à enchaîner les absurdités les plus folles. Et plus ça va, plus ça empire et les bourgeois, le prêtre, les policiers ... tout ceci vole en éclats dans une merveille de l'absurde, du cinéma français et du cinéma en général.
"- Oui, vous regardez votre couteau et vous dîtes "bizarre bizarre". Alors je croyais que ...
- Moi, j'ai dit "bizarre bizarre", comme c'est étrange ! Pourquoi aurais je dit "bizarre bizarre" ?
- Je vous assure mon cher cousin, que vous avez dit "bizarre bizarre".
- Moi, j'ai dit bizarre, comme c'est bizarre ..."
Oui, bon, je sais que citer cette réplique, c'est tout ce qu'il y a de plus bateau mais bon, c'est ma critique et je fais ce que je veux, déjà, et puis comme ça, ceux qui connaissaient la réplique mais pas le film vont faire le rapprochement ...
Pour revenir au film, la mise en scène, les acteurs, les dialogues (Je sais je l'ai déjà dit, mais voir paragraphe précédent ...) et le scénario en général sont merveilleux. On passe un excellent moment, devant un film d'exception, un délice absolu, à voir absolument, même si on est en principe révulsé par les films des années 30, celui-ci est franchement à voir, ne serait-ce que pour la finesse des dialogues (je sais je me répète) et le duo Jouvet/Simon, qui même s'ils se haïssaient cordialement, donnent au film une saveur particulière.
Un film indispensable. Un must see, comme on dit pour faire plus jeune.
19/20
Shauni81
La Situation Est Grave...Mais Pas Désespérée
Genre : Comédie
Année : 1976
Durée : 95min
L'histoire : Sophie, vicomtesse de Valrude, se croit veuve depuis que son mari a disparu en Amazonie lors d'un crash. Son fiancé et bientôt mari, Bertrand, promoteur immobilier, invite, pour les fêtes de Noël, le ministre de la Qualité de la Culture, afin qu'il l'aide à enfin pouvoir bâtir, en plein Paris, une gigantesque tour, qu'on lui refuse. Le ministre débarque avec sa secrétaire, également sa maîtresse. Parallèlement vont débarquer, dans le château, le mari de Sophie, bien vivant ; des flics chargés de retrouver un malfrat évadé et blessé ; et le malfrat, blessé et agonisant, bientôt réduit à l'état de cadavre...Mazard, le ministre, sera quasiment le seul à essayer d'arranger l'ensemble des problèmes...
La critique de ClashDoherty :
Réalisé en 1976 par Jacques Besnard (C'Est Pas Parce Qu'On A Rien A Dire Qu'Il Faut Fermer Sa Gueule !, Le Grand Restaurant, Le Fou Du Labo 4... bref, vous voyez le style du réalisateur !), La Situation Est Grave... Mais Pas Désespérée est l'adaptation d'une pièce de théâtre de Pierre Germont.
Le film, dont les dialogues sont signés Jean Amadou, est interprété par Jean Lefèbvre, Michel Serrault, Maria Pacôme, Daniel Prévost et Cécile Vassort.
On y trouve aussi Jean Puyberneau, Catherine Serre, Henri Guisol, Gabriel Cattand et Colette Teissèdre. Le film est ce qu'on peut appeler un vaudeville, rempli de quiproquos, et dont l'humour et les situations deviennent de plus en plus délirant(e)s au fil du film.
Le film, d'ailleurs, démarre on ne peut plus lentement, sans être vraiment rigolo, ce n'est qu'à partir de la demi-heure que l'action s'accélère, progressivement, jusqu'à atteindre un vrai paroxysme un peu avant son final (un peu décevant, mais bon...).
Dans l'ensemble, le film est franchement hilarant pendant un bon moment, à condition d'aimer les situations invraisemblables (pauvre bonne, jouée par Cécile Vassort, qui s'évanouit au moins 8 fois dans le film, à cause de ses chocs à répétition : elle revoit le mari prétendu mort, elle aperçoit le cadavre du truand mal caché...). Certaines répliques sont tuantes, ma préférée étant prononcée par Serrault, d'un air fatigué, après qu'il ait caché le cadavre (dont les autres, sauf le flic, ignorent l'existence !) dans un bureau, et que Lefèbvre et Pacôme, pour la reposer, aient envoyé la bonne se remettre de ses émotions dans le même bureau : Elle ne va pas y rester longtemps, dans le bureau. Et en effet, elle s'évanouit très peu de temps après !
Alors bon, le film est mineur, mal réalisé, surjoué par moments, et va vraiment loin dans le délire, au point qu'à la fin, on s'y perd pas mal.
Mais dans l'ensemble, La Situation Est Grave... Mais Pas Désespérée (titre prononcé trois fois dans le film), sans être une pointure, reste une comédie très amusante, divertissante, à voir une fois ou deux, surtout si vous aimez ce genre de films de gags et de quiproquos insensés.
Le Missionnaire
Genre : Comédie
Année : 2009
Durée : 90min
L'histoire : Mario Diccara sort de taule où il a passé sept ans. Seul de son ancienne bande à connaître l'emplacement de diamants volés (et pour lesquels il a fait sa peine), il se fait alpaguer, direct à sa sortie, par ses anciens complices, impatients d'avoir l'argent. Menacé, il fait appel à son jeune frère Patrick, curé, pour qu'il l'aide. Ce dernier le déguise en séminariste et l'envoie dans un petit village paumé de l'Ardèche, où on va le prendre pour le remplaçant du curé local, récemment décédé. Il devient, malgré lui, le père Mario...
La critique de ClashDoherty :
Réalisé en 2009 par Roger Delattre (who's this guy ??), produit par Luc Besson, écrit par Delattre et Jean-Marie Bigard, Le Missionnaire est une comédie interprétée par Jean-Marie Bigard, David Strajmayster (alias Doudi, créateur de la série TV comique Samantha Oups ! et interprète de Samantha dans cette série), Thiam Aïssatou, Michel Chesneau, Jean Dell (acteur que l'on voit souvent en seconds rôles à la TV et au cinéma, une tête bien connue et très sympathique) et Sidney Wernicke.
Le film ne marchera pas du tout au box-office, il ne restera que peu de temps à l'affiche, bref, sera un bide retentissant. La faute à plusieurs choses : d'abord, le film est franchement nul ; ensuite, on sait tous que Bigard s'est plus fait connaître, ces derniers mois, par des déclarations douteuses et malsaines que pour son humour (par ailleurs très gras, son humour, même si je reconnais bien aimer de temps en temps, à petites doses), et ces polémiques à répétition n'ont pas du aider le film à se 'vendre'.
Le Missionnaire est franchement une comédie ratée, un nanar à la limite du navet. Quelques gags assez amusants viennent légèrement sauver la mise (ces petits gags trop rares mais néanmoins présents font que je lui donne 2/20 au lieu de la bulle qu'il était grosso merdo prédestiné à obtenir), comme le premier sermon du curé d'opérette, assisté par son frangin par téléphone ; comme, aussi, la réaction de Bigard quand il siffle un verre d'alcool local assez sévère (rien dans le regard, tout dans la bouche) ; ou encore la déchéance de son frangin curé qui, en acceptant de servir d'intermédiaire pour vendre les diamants recelés, se retrovue avec plusieurs millions en main et pète littéralement les plombs devant tant de fric.
David 'Doudi' Strajmayster est assez amusant en curé qui vire sa cuti avec trois pouffes et arrive à l'église, dans le final, avec un rail de coke encore coincé sous la narine.
Bigard est aussi expressif qu'une anguille passée sous un 38-tonnes bulgare (du moins au début ; son regard, dans quasiment tout le film, est toujours le même : dur, fermé, caricatural du taulard à qui il faut pas la faire et que les poings démangent), il n'est, franchement, pas bon. Mais rien que pour le voir en curé, ça vaut la peine de voir ce film raté au moins une fois.
De toute façon, une fois vu, Le Missionnaire s'oublie très facilement. Mal réalisé, scénario con et prévisible, gags pas drôles mis à part quelques uns... mais une idée de départ assez amusante. Comme Souchon le chantait, c'est déjà ça.
Un Mariage
Genre: Comédie
Année: 1978
Durée: 2h
L'histoire: Après que Dino et Muffin se soient mariés, les membres des deux familles se retrouvent après la cérémonie au domaine des parents du marié pour célébrer les noces. La réunion de ces deux familles bien différentes donneront lieu à de nombreux incidents troublant le bon déroulement de ce qui aurait du être, pour Dino et Muffin, le plus beau jour de leur vie.
La Critique de Nicos31:
Mettant ici en scène deux fois plus de personnages que dans "Nashville", Robert Altman signe avec "Un Mariage" une étude sociologique du milieu de la grande bourgeoisie américaine, le tout sous fond d'un mariage qui s'annonçait bien, mais qui, après la cérémonie, se transformera en véritable règlement de comptes.
Altman, considéré par beaucoup comme un impitoyable observateur de la société americaine, brosse ici une brillante mais cruelle caricature de la bourgeoisie en une série de portraits tout aussi irrésistibles les uns que les autres.
"Un Mariage" n'en est pas pour autant que cela, c'est aussi un merveilleux exercice de style dont le but est de faire vivre, agir et parler simultanément une bonne quarantaine de personnages tout aussi différents les uns que les autres, et c'est d'ailleurs de leurs différences que naîtront les plus grands incidents et les plus importantes querelles.
Mais Altman n'en oublie pas pour autant d'offrir une analyse en profondeur des protagonistes de son film, tous interprétés par des comédiens qui offrent eux aussi le meilleur d'eux-mêmes dans leurs rôles respectifs. Je saluerai la fabuleuse performance de Mia Farrow qui se distingue tout particulièrement du reste du casting.
Robert Altman insuffle à "Un Mariage" plus d'énergie qu'à n'importe quel autre de ses films . Le metteur en scène tire le meilleur parti de ses interprètes et leurs offre la possibilité d'étendre leur registre et d'exploiter au maximum leurs propres personnalités.
"Un Mariage" est une oeuvre à la fois drôle et émouvante que je recommande à tous. Personnellement, et même si ce n'est pas mon Altman préféré, "Un Mariage" est une belle réussite et que vous aimerez tant les personnages sont attachants. Un film qui sort de l'ordinaire !
Note: 17/20
La critique de ClashDoherty :
Vu très récemment (en m'étant procuré le DVD du film, parallèlement à celui de Trois Femmes, du même réalisateur, que je n'ai pas encore vu mais c'est pour très bientôt), Un Mariage, sorti en 1978, est une excellente comédie de Robert Altman, décidément un réalisateur de génie que je ne regrette pas de découvrir progressivement.
Le film est interprété par Vittorio Gassman, Mia Farrow, Géraldine Chaplin, Lauren Hutton, Lilian Gish (actrice de l'ère du muet), Desi Arnaz Jr et Carol Burnett. Le film est très satirique et réjouissant.
Un Mariage peut faire penser à du Woody Allen de la grande époque, et est par moments totalement débridé, avec ces invités grandiloquents, son marié alcoolo, son prêtre officiant château-branlant... Pas exactement une comédie, car il y a de la gravité dans l'air quand même, mais il n'empêche, on s'amuse beaucoup à regarder ce film certes long (2h05, durée inhabituelle pour un film de ce genre), mais jamais emmerdant.
Peut-être pas le meilleur film de Robert Altman, Le Privé, M.A.S.H. et probablement (selon ce que Nicos31, dans sa chronique sur ce blog, en dit) Trois Femmes. Mais franchement une réussite. Je lui donne d'ailleurs la même note que Nicos31.
Les acteurs sont épatants, à commencer par Mia Farrow, Géraldine Chaplin et Vittorio Gassman, et Altman réussit un jeu de massacre jubilatoire et passionnant.
Tout part en couilles dans ce mariage, dans lequel nymphomanie, drogue, adultères, maladies, crises diverses, engueulades viennent parsemer le film.
Le plus allenien des Altman ? En tout cas, un film méconnu et vraiment à découvrir !





















