Oncle Boonmee
Boonmee tient une exploitation d'apiculture en plein milieu de la campagne Thaïlandaise, où il vit avec sa belle soeur Jen et un immigré laotien, Tong, qui lui fait régulièrement ses dialyses. Un jour, sa femme défunte apparaît pendant un repas, ainsi que son fils disparu devenu singe. Il comprend alors que son voyage se termine et se souvient de ses vies antérieures ...
Quoi? Oui, je l'ai vu, le "film thailandais perché et prise de tête réalisé par un mec au nom imprononçable!". Et franchement, c'est un film qui vaut vraiment la peine d'être vu. On est face à un cinéma auquel on n'a pas l'habitude. Ce n'est pas vraiment un film expérimental, c'est un film qui mélange fantastique, onirique, drame et inclassable. On tient un film peu commun, et qu'un film comme celui-là fasse un minimum parler de lui en gagnant la palme d'or (Même TF1 a dû en parler, ce qui constitue une petite revanche de la part d'une chaîne dont le niveau de culture rappelle celui d'un avion de tourisme sud coréen qui se serait approché un peu trop près de la frontière du pays voisin ...), voilà qui fait du bien au moral.
Finalement, le film n'est pas si prise de tête, au contraire, le film a un rythme lent, apaisé, comme l'on peut être au moment de mourir. Le propos est posé avec beaucoup de finesse et de poésie. Les plans sont très beaux, les éclairages naturels donnent du corps à ce film. C'est avant tout un film contemplatif, un peu comme un Tarkovski, il se sent plus qu'il ne se suit.
Les scènes sont mises en scène avec une certaine retenue. On est plus dans un cinéma posé, détendu (pas de mouvements brusques de caméra, beaucoup de plans fixes). La vision d'Apichatpong Weerasethakul est très picturale et ancrée dans les croyances. On notera la séquence d'ouverture, où une silhouette de ce qui semble être un gnou s'échappe avant que son maître ne vienne le rechercher, sous l'oeil de curieuses entités aux yeux rouges brillants dans la semi obscurité de la jungle. L'ambiance est très travailllée, et j'ai moi-même été fasciné par le travail sonore du film, absolument ahurissant.
La distribution est excellente. Les acteurs, notamment Thanapat Saisaymar qui incarne Boonmee, jouent avec beacoup d'humanité et de retenue, rendant les personnages bien plus réels dans un univers qui semble hors de la réalité, en tout cas de l'ordinaire. Le cinéaste instaure un univers étrange, un univers ésotérique où se croisent les vivants et les fantômes. Et transporter jusqu'à l'ambiance de cet univers, là où d'autres films ne se contentent que de montrer l'univers, c'est ça qui rend le film vraiment fascinant.
Alors, oui, il pourra dérouter certains, mais il suffit de se décoincer et d'oublier un instant les préjugés que l'on peut avoir sur ce film pour se laisser emporter dans un film profond et magnifique, un film qui sort du lot, qui raconte une histoire d'une autre façon que d'habitude. Ca vaut le coup et ça ne peut pas faire de mal.
Alors, répétez après moi : A-pi-chat-pong Wee-ra-she-ta-kul. C'est quand même pas compliqué, m*rde!
18/20
Monster
genre: inclassable (interdit aux - 12 ans)
année: 2004
durée: 1h50
l'histoire: A la fin des années 80, en Floride, Aileen Wuornos entre dans un bar de lesbiennes et fait la connaissance de Selby Wall. Bien qu'hétérosexuelle, Aileen tombe amoureuse de Selby et la convainc de partir avec elle sur les routes. Peu après, la prostituée est violée par un client. Parvenant à se libérer, elle le tue en état de légitime défense.
la critique de Eelsoliver:
Monster, réalisé par Patty Jenkins en 2004, s'inspire d'un fait divers aux Etats-Unis. Le film suit alors deux jeunes femmes, Aileen et Selby, interprétées respectivement par Charlize Theron et Christina Ricci. D'ailleurs, chose vraiment surprenante, les deux actrices, d'habitude si jolies, sont totalement méconnaissables. Pour son rôle, Charlize Theron grossira de plusieurs kilos et sera rendue laide.
Ca change des personnages autrefois interprétés par les deux actrices. Peut-être est-ce aussi une volonté de casser leur image...
Toujours est-il que Monster dérange. C'est un film plus dérangeant que violent. Pour cela, la réalisatrice prend son temps pour nous présenter les deux personnages principaux.
En vérité, les deux jeunes femmes sont les caricatures même des paumées et des bouseuses de l'Amérique. N'ayant plus aucun repère, Aileen se prostitue et se néglige.
Elle est souvent battue et maltraitée par ses clients. Pourtant, un jour, elle fait la rencontre de Selby, une homosexuelle. Entre les deux femmes, c'est l'amour absolu !
Mais un drame ne tarde pas à briser les deux héroïnes. Un soir, un client viole Aileen. En état de légitime défense, cette dernière le tue.
Pour elle, c'est une véritable prise de conscience. Avec l'aide de Selby, elle va punir les hommes qu'elle rencontre et les massacrer. En résulte un véritable road-movie meurtrier qui conduira les deux jeunes femmes à un destin évidemment tragique.
Un film complexe entre drame et thriller. Un vrai film OFNI en fin de compte mais un film de qualité.
Note: 14.5/20
Grimm Love/Confession d'un Cannibale
genre: inclassable (interdit aux - 16 ans)
année: 2005
durée: 1h30
Synopsis: En Allemangne, Katie Armstrong, étudiante en Doctorat, effectue de recherches sur un tueur cannibale, Oliver Hagen, dans le cadre de sa thèse.
la critique de Eelsoliver:
Attention, film choc ! Grimm Love, en français, Confession d'un cannibale, réalisé par Martin Weisz, est une oeuvre inclassable, entre drame, thriller et horreur.
Pourtant ici, il n'est nullement question de sombrer dans le gore, les tripes et les morceaux de cervelle. Si Grimm Love a un mérite, c'est de se concentrer sur ses différents protagonistes.
Ce qui le rend encore plus dérangeant finalement.
En effet, malgré la gravité et l'extrêmité du propos, les différents personnages sont définitivement humains. Tout du moins, le film se concentre également sur une thématique essentielle, la perte de tout espoir envers l'humanité. C'est ce qui conduit un homme à accepter la terrible proposition d'un adepte du cannibalisme, un certain Olivier Hagen: devenir sa victime pour être dévoré.
C'est son choix. Cet homme ne croit plus en rien et il souhaite donner sa vie, plus précisément son âme, pour disparaître totalement d'un monde dans lequel il n'a jamais trouvé sa place.
De son côté, le cannibale en question n'a rien à voir avec Hannibal Lecter. Il accompagnera sa victime (ou plutôt son repas) jusqu'à son dernier souffle.
Toute la séquence sera évidemment filmée par une caméra vidéo. Une étudiante en médecine rédige une thèse sur le cannibalisme, plus précisément sur le fameux Oliver Hagen.
Elle cherche à comprendre...
La vidéo lui délivrera quelques réponses sur le pourquoi du comment. Le film de Martin Weisz est extrêmement sombre, austère et sans concession.
Inutile de préciser que cela ne plaira pas à tout le monde en sachant que les scènes de cannibalisme ne sont pas montrées mais suggérées.
Même si le film ne l'évoque jamais, on pourrait voir ce Grimm Love comme une sorte de parabole sur les conséquences du nazisme et une partie de la société allemande qui n'est jamais parvenue à se remettre d'une histoire dictée par la Terreur.
Note: 15/20
Les Mille Et Une Nuits
Genre : Comédie érotique/Film à sketches
Année : 1974
Durée : 130min
L'histoire : En Arabie. Nourredine, un jeune homme, tombe amoureux de Zoumourroud, une jeune esclave qu'il achète, mais qui disparait, enlevée. Il se lance à sa recherche, et va vivre, ou entendre, de grandes aventures...
La critique de ClashDoherty :
Dernier (et, donc, troisième ; bravo, vous suivez) volet de la trilogie de la Vie, Les Mille Et Une Nuits, réalisé par Pier Paolo Pasolini en 1974, est l'avant-dernier film du réalisateur, et le dernier sorti de son vivant (il sera assassiné sur une plage d'Ostie quelques jours avant la sortie de Salo Ou Les 120 Journées De Sodome, en 1975). Interprété par Ninetto Davoli, Ines Pellegrini, Franco Citti et Tessa Bouche (notamment), ce film est bien entendu l'adaptation de certains contes du fameux recueil arabe (qui contient vraiment 1001 histoires). Des contes légers, érotiques, grivois. Pas de Aladdin, de Sindbad, de Ali Baba ici.
A la différence des deux précédents volets, Pasolini n'apparait pas ici, et les contes suivent, en gros, un cheminement scénaristique (le film conducteur entre les contes est nettement plus solide, on a l'histoire des deux amoureux séparés entre chaque conte).
Visuellement parlant, musicalement parlant, c'est tout simplement le plus beau film de Pasolini, la beauté des décors (naturels) arabes, la musique, la photographie de Tonino Delli Colli, c'est sublime, aucun autre mot ne convient. Les acteurs, que ce soient les habitués (Citti, Davoli) ou figurants et amateurs, sont excellents. Encore une fois, beaucoup de nudité des deux sexes, mais c'est soft. Très poétique. Mais pour adultes seulement (interdit aux moins de 16 ans) !
Arabian Nights (titre anglais) est donc un chef d'oeuvre de plus, et la conclusion parfaite de la trilogie de la Vie. Poésie pure, érotisme soft, humour de certaines situations, ce troisième volet est immanquable. La trilogie de la Vie célèbre la vie et le sexe avec légèreté, là où le prochain film de Pasolini, son ultime, célèbrera le sexe comme synonyme de la mort...
Il aura fallu trois films à Pasolini pour prouver que le sexe est gai, et il ne lui en faudra qu'un (Salo) pour montrer le contraire !
Les Contes De Canterbury
Genre : Comédie érotique/Film à sketches
Année : 1972
Durée : 110min
L'histoire : Adaptation de plusieurs des Contes de Canterbury, de Chaucer...
La critique de ClashDoherty :
Deuxième volet de la trilogie de la Vie, Les Contes De Canterbury, sorti en 1972 et ayant été victime de plusieurs ennuis judiciaires (censure... Pasolini y était vraiment habitué, depuis le début de sa carrière !) est l'adaptation de plusieurs contes issus du recueil du même nom, écrit au Moyen-Âge, en Angleterre, par Geoffrey Chaucer (dans le film, joué par Pasolini lui-même, lien entre les différents sketches). C'est une comédie érotique interprétée notamment par Hugh Griffith, Ninetto Davoli, Franco Citti, Joséphine Chaplin, Laura Betti...
Interdit aux moins de 16 ans (interdit aux mineurs à l'époque), le film est aussi drôle que truculent, rempli de nudité des deux sexes (mineurs, c'est pas pour vous !), et adapte assez bien le recueil.
Malgré cela, c'est, des trois films, le moins connu et réputé, le moins apprécié. Pour ces raisons, et parce que j'adore vraiment le livre initial (qui, malgré le fait qu'il soit très ancien, est parfaitement lisible pour un lecteur contemporain), ce film est probablement mon préféré, mon chouchou, de la trilogie de la Vie. Oui, il faut bien le dire, c'est un peu moins grandiose que Le Décaméron.
Ou que Les Mille Et Une Nuits (troisième volet). Mais je lui donne 20/20 quand même, car, franchement, ces contes assurent dans le registre de la fantaisie érotico/comico/morbide (car la mort est assez présente).
Exemples de contes réussis, celui avec Ninetto Davoli (qui rend un vibrant hommage à Chaplin, dont une des filles joue dans le film - mais dans un autre conte - en interprétant Perkin, un jeune homme aux allures de Charlot), ou celui de la Bourgeoise de Bath (Laura Betti), qui épuise littéralement ses maris par sa fièvre horizontale (comprendre, c'est une chaude du cul).
Dans l'ensemble, on rit, on s'amuse, dans ces Contes De Canterbury grivois à réserver aux adultes. Beaucoup de nudité, une ambiance immorale très jubilatoire... Sublime, en un mot !
Le Décaméron
Genre : Comédie érotique/Film à sketches
Année : 1971
Durée : 120min
L'histoire : Adaptation d'une dizaine de contes issus du très grivois Décaméron de Boccace, recueil de contes italien du Moyen-Âge.
La critique de ClashDoherty :
Sorti en 1971, Le Décaméron est l'adaptation d'une dizaine des 100 contes du recueil du même nom écrit par Jean Boccace dans l'Italie médiévale, un recueil assez grivois de contes légers, érotiques ou immoraux, très amusants pour la plupart d'entre eux. Le Décaméron, c'est aussi le premier volet d'une trilogie, celle de la Vie, unique vraie trilogie dans la filmographie de Pier Paolo Pasolini.
Le film est interprété par Ninetto Davoli, Franco Citti, Pasolini lui-même dans le rôle d'un peintre qui sert plus ou moins de lien entre les différents sketches.
Car le film est construit sur le procédé des sketches. Tous sont remarquables, soit dit en passant, et montrent des situations invraisemblables et frivoles. Notamment l'histoire d'Andreuccio (Davoli), qui apprend, un jour, l'existence d'une soeur, qu'il ignorait.
Mais cette soeur est en fait une vrait petite salope, pas du tout parente d'Andreuccio, mais en fait une voleuse qui profite de sa crédulité pour le voler. Le pauvre Andreuccio, 'héros' de deux contes d'affilée, finit dans une fosse à merde, à moitié enterré vivant, et s'en sortira in extremis...
Autre excellent conte que celui de la femme infidèle qui fait nettoyer une énorme jare bien sale à son cocu de mari, et qui s'envoie en l'air pendant ce temps-là...
L'ensemble de ces contes est de haute volée, très bien interprété (pas mal d'inconnus, de figurants, peu frileux, car le film regorge de nudité, masculine et féminine), et on s'amuse beaucoup.
Je conseille fortement le visionnage en VO, Pasolini ayant tourné le film en napolitain (patois italien), ce qui rend l'ensemble très pittoresque.
La photographie de Tonino Delli Colli est sublime, la musique de Ennio Morricone aussi. Ce film est, visuellement, un enchantement... à déconseiller aux moins de 16 ans en raison de la nudité très très présente, et de l'immoralité des contes. Le Décaméron, avant toutes choses, est une comédie érotique (comme les deux volets suivants).
Mais c'est aussi une comédie picaresque et vraiment amusante, on rit beaucoup, c'est passionnant de bout en bout, et, vraiment, aucun conte n'est moins réussi que le reste.
Probablement le meilleur film de la trilogie de la Vie, ce qui ne signifie pas que les deux autres soient ratés (ô que non), mais Pasolini, ici, frappe fort.
Un de ses meilleurs films, aussi, mais sa trilogie de la Vie est une de ses oeuvres maîtresses, malgré son côté très léger et frivole.
Antichrist
Genre : Drame horrifique space
Année : 2009
Durée : 105min
L'histoire : Un couple, après avoir vécu de terribles évênements, s'installe dans une maison située en pleine forêt, et va vivre des évênements terribles, étranges...
La critique de ClashDoherty :
Prix d'interprétation féminine pour Charlotte Gainsbourg...Il faut bien reconnaître qu'elle est tout simplement INCROYABLE dans ce film de Lars Von Trier, dernière livraison du Danois, Antichrist, également interprété par Willem Dafoe, également excellent dans le film.
C'est Eva Green qui, à la base, devait jouer dans le film (ce qui fait qu'une actrice française, de toute manière, aurait été à l'affiche du film), mais son agent ayant refusé, Von Trier s'est par la suite rabattu sur la fifille du grand Serge et de Jane.
Comment parler d'Antichrist ? Déjà, rien qu'avec son titre, le film était sûr et certain de faire scandale, de heurter. On a pas idée d'appeler un film Antichrist !
La bande-annonce (publiée ici il y à quelques jours) tendait à le démontrer, et un simple visionnage le certifie : ce film est une vraie oeuvre de malades.
S'il n'est pas interdit aux moins de 18 ans, il devrait l'être, assurément. On sait que Lars Von Trier a souvent fait des films bien barges (Epidemic, Element Of Crime), mais ici, il tient son film le plus déviant, le plus subversif, le plus violent et malsain. Et réussi, aussi, probablement.
Mais je dois dire qu'à part Element Of Crime, je n'aime pas son cinéma, ayant été réellement en état d'emmerdement total devant Dancer In The Dark ou Dogville, et n'ayant pas réussi à finir Breaking The Waves.
Mais ici, on tient un très bon film. Tour à tour drame psychologique, film d'horreur (des scènes réellement hardcore, comme une scène d'excision franchement trash et marquante, choquante) et film fantasmagorique, Antichrist, qui contient aussi des scènes sexuelles explicites (acteurs doublés par d'autres), est un vrai choc visuel et moral.
A coté de ce film, des oeuvres aussi déviantes et choquantes que Irréversible paraissent destinées aux très jeunes enfants. Pour une fois, Von Trier (qui a mis de coté sa trilogie amorçée avec ses deux précédents films) choque vraiment, et est vraiment passionnant.
Le film sera plutôt mal accueilli à Cannes, et créera aussi la polémique. Dans les deux cas (accueil mitigé/scandale), c'est amplement compréhensible.
En un mot comme en mille, voici un film que l'on adorera ou détestera, mais qui ne laissera pas indifférent. Attention, âmes sensibles, abstenez-vous à tout prix, c'est vraiment, vraiment violent, choquant et trash. Envoûtant, aussi.
La critique de Shauni81 :
Antichrist est un film de Lars Von Trier, que je ne connaissais pas. C'est le tout premier Von Trier de ma culture cinéphilique, et je dois avouer qu'il va me rester en mémoire un bon bout de temps.
Antichrist est un film qui m'a profondément marqué. Dès les premiers cartons du film ("Lars Von Trier" et "Antichrist"), le décor est planté.
L'ambiance du film est lancée : on a une énorme sensation de malaise et de violence. Et cette ambiance anxiogène va évoluer jusqu'à son paroxysme. Antichrist n'est pas un film qu'on va voir pour le plaisir.
Antichrist est un film ambiant. Et l'ambiance glauque et malsaine du film est incroyablement travailliée par Lars Von Trier. Rien que pour son ambiance magistralement mise en scène, ce film mérite la moyenne à mes yeux. Mais il y a plus.
Antichrist s'est fait connaître surtout pour ses scènes choquantes. Et c'est vrai qu'il y en a. et d'ailleurs, leur force est décuplée par l'ambiance régnant dans le film. Et pourtant, déjà les scènes sorties de leur contexte font un choc.
Von Trier met en scène avec un réalisme rare les horreurs qu'il exibe : masturbation, éjaculation sanglante, excision (je n'ai pas pu supporter cette scène et j'ai fermé les yeux, ça ne m'était jamais arrivé avant) ... violence gratuite? Non.
Car Antichrist est pour moi un film expérimental. Tout dépend de la vision qu'on en a. apparemment, la critique l'ont vu comme un film d'horreur prétentieux, lourdingue et de surcroît dégueulasse. Mais il en est tout autre. Car ce film ne peut pas se juger à la sortie. Il faut travailler la symbolique du film.
Antichrist est un film symbolique. C'est beaucoup plus qu'un film d'horreur, c'est une réflexion philosophique sur le bien, le mal, le deuil et l'être.
Il conprend nombre de références, notamment à Tarkovski, à qui le film est dédié, mais aussi à Bergman, la mythologie et l'univers biblique ...
Il est évident que ce film aie fait scandale, et c'est évident qu'on puisse haïr ce film. Comme on peut l'adorer. Mais il n'y a pas de juste mileu.
Antichrist est un film extrême, qui ne laissera personne indifférent. Après, c'est un film sur lequel il faut débattre, car ce film fera toujours le débat.
En plus de sa force psychologique et philosophique, Antichrist est également une merveille sur la forme. L'esthétique de Von Trier est incroyable, le travail de l'image et la photographie (D'ailleurs signée par le photographe de Slumdog Millionnaire), ainsi que les effets étranges du film sont ficelés à la quasi-perfection par le réalisateur danois.
Et le jeu d'acteurs est tout bonnenemt hallucinant. Charlotte Gainsbourg tient là un de ses plus grands rôles, si ce n'est le plus grand. Sa prestation hallucinée mérite son prix d'interprétaton et les louanges qu'on lui donne. Willem Dafoe (Déjà fabuleux dans Sailor et Lula) est également impressionnant, à la fois énigmatique et sombre. Là aussi, Dafoe tient un de ses plus grands rôles.
Antichrist est donc un film que j'ai trouvé fascinant, profond et fabuleusement conçu. Après, tout dépend de l'idée qu'on s'en fait.
Mais ce qui est sûr, c'est que Antichrist restera à approfondir et à revoir. Reste que ce film m'a marqué et, je pense, me marquera pendant longtemps.
Note : 19.5/20
La critique de Eelsoliver:
Véritable plongée psychanalytique que cet Antichrist réalisé par Lars Von Triers, et qui fait partie, à mon avis, des meilleurs films de l'année 2009.
En tout cas, c'est indéniablement le film scandale de l'année dernière, une oeuvre dérangeante et bouleversante qui a constitué le choc du festival de Cannes 2009.
Et on comprend mieux pourquoi. D'ailleurs, Antichrist est interdit aux moins de 16 ans. Mais l'interdiction aurait pu être plus élevée.
On voit tout de même quelques scènes de sexe explicites et notamment une pénétration. Mais résumer uniquement Antichrist à cela serait extrêmement réducteur.
C'est définitivement un film OFNI et inclassable qui se concentre sur un couple plongé dans les remords, la culpabilité et le deuil.
D'ailleurs, Antichrist se divise en plusieurs parties: deuil, douleur, désespoir... Bref, on n'est pas là pour rigoler ! C'est un film très sombre, craché, complexe et sans concession.
Incapable de se remettre de la perte tragique de son fils, une jeune mère (Charlotte Gainsbourg) se replie sur elle-même et sombre dans la folie.
Une forêt sera alors le centre de tous les cauchemars et de tous les fantasmes. Mais au-delà des symboles bibliques et universels, le film aborde surtout le thème de la culpabilité.
Une culpabilité qui se transforme en désir puis en vengeance macabre: le père (Willem Dafoe) en paiera très cher les conséquences.
C'est une oeuvre forte mais très dure qui laisse une grande part d'interprétation au spectateur. Un film à réserver toutefois à un public extrêmement averti.
Note: 19/20
Kamikaze
genre: inclassable
année: 1986
durée: 1h30
L'histoire (Cinemovies): Albert, employé d'une firme d'électronique et inventeur génial mais mésestimé par ses employeurs, est licencié. Seul et désespéré, il met au point une machine infernale qui lui permet de tuer depuis chez lui les speakerines et les présentateurs qui passent en direct à la télé. Le brillant commissaire Pascot prend l'affaire en mains...
La critique de Eelsoliver:
Sur ce blog, j'ai abordé de nombreuses chiures, des navets, des nanars et des films totalement improbables. Indéniablement, Kamikaze est un peu un mixte de tout cela...
Ca reste un film assez (et heureusement) méconnu. C'est également un film inclassable qui lorgne entre le policier, le thriller et le fantastique.
Kamikaze suit l'histoire d'une scientifique génial mais ch'tarbé, un certain Albert (Michel Galabru). Malheureusement, ce dernier est licencié de son travail.
Il n'est pas reconnu par ses employeurs. Il décide alors de mettre au point une vengeance infernale en construisant une machine qui lui permet de tuer les présentateurs en direct à la télévision.
Vu le scénario incroyablement nul et fantaisiste de Kamikaze, on est droit de se demander à quoi tourne le réalisateur... Inutile de préciser que les acteurs cachetonnent et semblent peu convaincus par l'entreprise... Mention spéciale à Michel Galabru qui a probablement accepté ce film gratuitement ou pour faire plaisir... En dehors de son concept, le film est tout de même à ranger parmi les plus gros navets et ratés du cinéma français.
On peut classer sans problème Kamikaze parmi les abominations. En effet, malgré un scénario débile, le film se prend tout de même très au sérieux.
Le réalisateur, Didier Grousset, ayant visiblement peu de recul sur son sujet. Paradoxalement, c'est ce qui rend cette oeuvre OFNI incroyablement drôle malgré elle.
Une curiosité du cinéma mais également une véritable bouse !
Ces Garçons Qui Venaient Du Brésil
Genre : Fantastique
Année : 1978
Durée : 105min
L'histoire : Au Brésil. Un gigantesque complot orchestré par d'anciens nazis menés par le sinistrement célèbre docteur Mengele, est mis en place, afin de poursuivre l'oeuvre de Hitler, un IVème Reich. Mengele et ses sbires ont réussi à créer de jeunes clones du Führer...
La critique de ClashDoherty :
En 1978, Franklin J. Schaffner (Papillon, Patton, La Planète Des Singes) réalise l'adaptation d'un roman de Ira Levin (Rosemary's Baby), Ces Garçons Qui Venaient Du Brésil.
Interprété par Gregory Peck, James Mason, Laurence Olivier, Lili Palmer, Steve Guttenberg, Denholm Elliott, Bruno Ganz et Uta Hagen, c'est un film froid et angoissant, à la fois film de science-fiction, d'horreur et de suspense, et se basant sur une hypothèse totalement farfelue et dangereuse selon laquelle Hitler ne serait pas mort en 1945. Enfin, comme vous le constaterez, le film va même plus loin que cette stupide théorie.
Glaçant, The Boys From Brazil est un classique de la science-fiction (on y parle de clonage, et le sujet est aussi fictionnel que farfelu), un des meilleurs films de Schaffner.
Gregory Peck est terrifiant en Mengele, une ordure qui, d'ailleurs, décèdera quelques mois après la sortie du film, au Brésil, où il vivait caché, à l'abri, depuis la fin de la guerre.
Laurence Olivier est parfait dans la peau de ce chasseur de nazis inspiré par un vrai chasseur de nazis, Simon Wiesenthal. James Mason aussi est parfait.
Interdit aux moins de 16 ans lors de sa sortie, Ces Garçons Qui Venaient Du Brésil est un film effrayant, littéralement.
Il est certes basé sur un roman lui-même basé sur l'imagination de son auteur, mais on ne peut que trembler devant ce film qui montre un futur heureusement impossible (Hitler est bien mort en 1945, sans descendance, on a brûlé son cadavre - et les nazis planqués en Amérique du Sud sont tous morts désormais), mais vraiment sombre et terrifiant, quand on y pense. Un chef d'oeuvre qui laisse à réfléchir.
La critique de Eelsoliver:
Comme le souligne très justement Clash dans sa chronique, Ces Garçons qui venaient du Brésil est un film terrifiant, glaçant et qui laisse véritablement perplexe.
Et ce, en raison du thème qu'il aborde puisque l'histoire suit les activités d'anciens nazis, atterris au Paraguay, qui décident de fonder un IVème Reich, et de poursuivre l'oeuvre diabolique, cruelle, sanglante et antisémite du Führer.
Voilà un film original qui fait forcément réfléchir, ne serait-ce que par les thèmes qu'il aborde, puisque l'idéologie nazie est loin d'être enterrée.
Et c'est surtout cela qui interroge. Alors que les atrocités nazies datent tout de même de plus de 60 ans (65 ans pour être exact), le Mal perdure dans les esprits.
Ces anciens officiers ont alors l'idée de créer des clones d'Hitler. Pour cela, ils mènent une action discrète. Enfin presque... Puisqu'un homme les poursuit.
Le film oscille donc entre drame, thriller, science fiction et horreur. La violence n'est pas forcément présente dans les images, mais elle se révèle dans les propos cruels et intolérables.
Les anciens nazis n'hésitent pas à exécuter ceux qui sont au courant de leurs plans, notamment un jeune gosse, qui aura le malheur de révéler la cachette d'une taupe.
En résulte un très grand film, mais j'insiste bien sur le fait qu'il s'agit d'une oeuvre dérangeante et définitivemment inclassable.
Note: 18/20 (soit la même note que Clashdoherty)
Kontroll
genre: inclassable
année: 2006
durée: 1h45
l'histoire: Bucsu est un contrôleur de métro de Budapest qui passe ses jours et ses nuits à errer dans les couloirs. Refusant de remonter à la surface, il se heurte au mépris des usagers et de ses collègues.
la critique de Eelsoliver:
Voilà un film bien étrange qui nous vient de Hongrie, Kontroll, réalisé par Nimrod Antal en 2006 et qui se déroule exclusivement dans le métro.
Voilà qui est original en sachant que cette oeuvre inclassable mélange plutôt habilement comédie noire, thriller et polar.
Kontroll se concentre alors sur le personnage de Bucsu, un contrôleur de billets qui passe sa vie en traînant ses guêtres dans les couloirs sombres du métro de Budapest.
Voilà un héros solitaire et torturé qui effectue un boulot difficile entre les contrôles de billets et les passagers souvent mal-aimables, insultants voire agressifs physiquement.
Ainsi, presque chaque contrôle se déroule dans le pugilat. Parallèlement, des victimes sont retrouvées massacrées dans le métro.
Certaines vidéos montrent une homme (dont le visage est caché par une capuche) balancer des personnes sur les rails du métro.
Pourtant, le film exploite assez peu cette piste et préfère nous présenter le travail et le quotidien des contrôleurs, en particulier celui du héros principal.
Ce qui donne lieu à quelques séquences à la fois graves et amusantes. Pour autant, on regrettera l'absence de scénario. Dommage, car le décor et certaines bonnes idées du film auraient mérité un meilleur traitement. Mais Kontroll reste un film atypique, sympathique mais loin d'être transcendant.
Note: 12/20




















